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Raconte-moi la biodiversité

La biodiversité, un sujet de plus en plus d’actualité, un enjeu sociétal au niveau mondial et qui pourtant reste encore mystérieux pour bon nombre d’entre nous.
La notion de biodiversité comprend trois niveaux interdépendants : la diversité des milieux de vie (mer, prairies, forêt, mare…), la diversité des espèces (y compris l’espèce humaine), et enfin la diversité des individus au sein de chaque espèce (ou diversité génétique).
La biodiversité fournit les besoins indispensables à la vie (par exemple la nourriture, l’eau propre et l’air pur). Elle offre une protection contre les catastrophes naturelles et les maladies (en régulant le climat, les inondations et les organismes nuisibles par exemple).

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L'agrobiodiversité, c'est comme la biodiversité ?

La biodiversité agricole ou l’agrobiodiversité est constituée de plantes, d’animaux, d’insectes, mais aussi de bactéries, et même de champignons du sol…
La conservation et la gestion de l’agrobiodiversité sont des enjeux majeurs pour une agriculture planétaire qui devra nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050. Le maintien de l’agrobiodiversité est essentiel pour que les écosystèmes agricoles puissent s’adapter au réchauffement climatique.
L’agrobiodiversité est activement gérée par les agriculteurs et les agricultrices.

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En France, on protège notre patrimoine naturel et vivant

La France possède un patrimoine naturel exceptionnel. Elle occupe la première place en Europe pour la diversité des amphibiens, des oiseaux et des mammifères.
Pourtant, les systèmes de production diversifiés sont menacés au niveau local, ainsi 80% des races locales françaises étaient en voie de disparition en 2014 (Source INRA).
Des actions et des lois ont vu le jour pour aider à la préservation de la biodiversité en France. Dès les années 70, des Conservatoires régionaux ont été créés pour conserver les ressources génétiques et préserver les espèces et milieux naturels.

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Préservation de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine

Dès la fin des années 80, la Région Nouvelle-Aquitaine a été l’une des premières en France à se préoccuper de cet enjeu majeur. Il faut dire qu’elle possédait une richesse naturelle en nombre de races anciennes répertoriées. Des moyens furent mis en œuvre pour retrouver les derniers animaux de certaines races, disséminés ça et là dans quelques fermes, et ainsi de trouver des mâles reproducteurs. Ce travail de grande ampleur a permis d’accompagner des éleveurs dans leurs projets de sauvetage de races à faibles effectifs. Aujourd’hui, la Nouvelle-Aquitaine compte de nombreuses races bovines et ovines qui recolonisent peu à peu leur territoire ancestral. La race Bordelaise est de celles-là, un bel exemple de préservation à suivre.

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La vache Bordelaise, une race emblématique de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

Disparue un temps, elle renait aujourd’hui dans toute la région.  Sa population a été multipliée par 10 en 15 ans, par petits cheptels disséminés chez des paysans passionnés. Ils ont trouvé en elle, outre son patrimoine génétique unique, une vraie possibilité de renouer avec un élevage durable. En la laissant pâturer de manière naturelle, comme autrefois, la vache Bordelaise permet de préserver les milieux de façon écologique. L’éco-pastoralisme est une économie alternative à la mécanisation, nécessaire pour la protection de la biodiversité de ces milieux.

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La bordelaise, une race emblématique en Nouvelle-Aquitaine

Un taureau « Bordelais » à belle robe pigaillée, il peut peser jusqu’à 900 kg. Il existe deux sous-types de la race : la « bayrette » et la « pigaillée », comme ce taureau.

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La vache Bordelaise, une race emblématique de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

Un troupeau de 10 vaches de race Bordelaise fut introduit en 2010 au Parc Floral de Bordeaux sur 20 hectares de prairies bocagères en bord de Garonne, pour une meilleure gestion de la biodiversité. Elles profitent encore aujourd’hui de la richesse des prés.

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La vache Bordelaise, une race emblématique de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

Un aspect typique de cette race Bordelaise : elles ont toutes les extrémités noires. Leur rusticité et leur légèreté permettent une « pâture douce », favorisant la biodiversité de l’écosystème. Autrefois cette race était présente dans tous les départements du Sud-Ouest ; aujourd’hui, elle s’y développe à nouveau.

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La vache Bordelaise, une race emblématique de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

Une vache allaitante et son veau de l’année en pleine tétée, lui aussi apprécie la qualité du lait maternel. Considérée comme l’une des meilleures races bovines laitières du XIXe siècle, la Bordelaise a bien failli disparaître.

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La vache Bordelaise, une race emblématique de l’agrobiodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

La ferme Fourcade à Bruges, reconnue pour son élevage de vaches bordelaises, en Bio. Mâles et femelles sont de petite taille, environ 1.35 mètres. Elles se plaisent dans les zones humides comme les marais, les prairies alluviales, mais aussi les pâturages en bord de mer.

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La vache bordelaise
dans l'histoire
XVIIIe siècle
1870
1900
1934
1960
1978
1990
1996
2008
2012
2018
Mai 2018
La vache laitière rustique à robe bigarrée
Existence d’une population de vaches laitières rustiques à robe bigarrée, autour de Bordeaux.
Épidémie de péripneumonie
Une épidémie de péripneumonie décime les troupeaux : la race en souffre mais se reconstitue.
Elevage de vaches Bordelaises
Anciens élevages de vaches bordelaises qui pâturent autour des châteaux.
Concours agricole de Paris
Présentation d’un lot de vaches et de taureaux au concours agricole de Paris.
Début de l'extinction de la vache Bordelaise
Après la Seconde Guerre Mondiale, le pays a recours à l’industrialisation pour se reconstruire ce qui entraîne petit à petit la disparition de la vache Bordelaise qui ne résiste pas à la poussée des autres races.
Disparition de la vache Bordelaise
La vache Bordelaise est considérée disparue par l’ITEB*. (*ITEB: Institut Technique de l’Elevage Bovin)
Création du Conservatoire des races d’Aquitaine
Un troupeau à forte dominance Bordelaise est retrouvé en Dordogne. Création du Conservatoire des races d’Aquitaine pour sauver la race.
Lancement de plans d'action de sauvegarde d'espèces
Lancement des plans d’action en faveur des espèces menacées.
De nouvelles techniques de préservation
De nouvelles techniques émergent pour préserver la race. 3 taureaux sont utilisés en monte naturelle et 9 en insémination artificielle par le Conservatoire des races d’Aquitaine.
Retour à l'utilisation de races anciennes
Retour à une utilisation des races anciennes qui s’adaptent à des pratiques agricoles en faveur de la biodiversité. Création du prix pour l’agrobiodiversité animale par la Fondation du Patrimoine avec le soutien de CEVA Santé Animale pour récompenser les acteurs qui œuvrent pour la sauvegarde des races à petit effectif.
Prix pour l’agrobiodiversité animale
L’éleveur Christophe Guénon remporte le 2e prix pour l’agrobiodiversité animale avec la vache Bordelaise au Salon International de l’Agriculture à Paris.
Salon de l’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine
La vache Bordelaise sera présente au Salon de l’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine du 12 au 21 mai à Bordeaux.
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Témoignage d'un éléveur issu
de l'agriculture paysanne
La Bordelaise et Christophe Guenon : du maraîchage à l’élevage

En 2011, Christophe, jeune maraîcher en Bio du côté de Léognan (Gironde) s’intéresse à l’opportunité de réintroduire l’espèce dans sa ferme familiale près de Bordeaux.

J’ai grandi avec des vaches dans notre ferme familiale, on en avait de toutes races. J’avais donc déjà entendu parler de la Bordelaise par mon père et mon grand-père qui en avaient eu autrefois dans notre ferme. Elles étaient croisées avec des Frisonnes noires, puis la souche s’est perdue. On ne trouvait plus de taureaux, et la race a disparu peu à peu.

Je suis allé voir le Conservatoire des Races d’Aquitaine et leur ai expliqué mon projet. Ils sont venus me voir à la ferme, et ils m’ont prêté un taureau et deux génisses pour commencer. Le Conseil Départemental a accepté de me louer 32 hectares près de ma ferme à Cadaujac, en zone Natura 2000. Ces vaches se plaisent particulièrement dans les prairies en bord de fleuve.

Comment s’est passé cette conversion ?

Très bien, j’avais déjà un peu d’expérience, je m’intéressais à plusieurs races à protéger, et du maraîchage à l’élevage, il n’y avait qu’un pas à franchir. J’ai pu développer mon cheptel en quelques années, il compte 32 têtes aujourd’hui. Chaque année, le Conservatoire me prête un taureau pour éviter la consanguinité dans le troupeau ; comme ça je peux revendre des femelles à d’autres éleveurs et contribuer concrètement à ce que la race se perpétue. Et je « rends » une vache au Conservatoire tous les ans afin qu’elle soit placée chez un autre éleveur, là-aussi pour éviter trop de croisements.

En quelques mots, comment décririez-vous la Bordelaise ?

C’est un animal de taille normale, environ 135 cm-140 cm, qui pèse autour de 600 kg pour une génisse et jusqu’à 900 kg pour un mâle. Elles ont toutes des « chaussettes » noires, certaines possèdent une robe originale dite « pigaillée », c’est-à-dire fond blanc et petites taches noires resserrées. Il y a aussi une variante avec la Bayrette, qui dominait autrefois dans les fermes : elle possède une robe noire et blanche plus classique, et des atouts comme une grande rusticité et de bonnes qualités laitières. Sinon, elles ont un caractère plutôt calme, elles vêlent toutes seules et sont de très bonnes mères.

Cet élevage est-il rentable ?

Au début, non, car il fallait rembourser l’emprunt pour le matériel, il y avait aussi le loyer pour les terres louées en bord de Garonne. Mais ensuite, l’activité de maraîchage a fini par équilibrer les choses, et mon élevage est devenu rentable. La Bordelaise est bien adaptée aux petites productions comme la mienne, car je peux revendre en direct des femelles allaitantes et des veaux élevés sous la mère, c’est pour cette raison que j’ai gagné cette année le deuxième prix National de l’Agrobiodiversité avec la Fondation du Patrimoine et Ceva Santé Animale. En fait, je ne fais que reproduire la façon de travailler de mes aïeux, et ça fonctionne !

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Evolution du nombre de femelles
et taureaux de race Bordelaise

Source: Institut de l’Elevage (idele)

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Un partenariat régional fort
Ceva Santé Animale

Ceva Santé Animale est le premier laboratoire vétérinaire français, situé à Libourne, en Nouvelle-Aquitaine.
Conformément à sa vision « Ensemble, au-delà de la santé animale », Ceva se mobilise pour soutenir toutes les formes d’agricultures et préserver l’agrobiodiversité.
A ce titre, le groupe est engagé depuis plusieurs années, auprès du Conservatoire des Races d’Aquitaine, notamment en portant des projets de préservation des races locales comme la vache Bordelaise. Ceva est également partenaire du salon Aquitanima pour la deuxième année consécutive.

www.ceva.com

Le Conservatoire
des Races d'Aquitaine

Le Conservatoire des Races d’Aquitaine est une association loi 1901 d’intérêt général créée en 1990 pour faire face à la disparition des races d’animaux domestiques ainsi que la diversité biologique et culturelle qui leur est associée. Le Conservatoire travaille en collaboration avec de nombreuses associations, des éleveurs, et d’autres acteurs de la région pour protéger et développer des races locales menacées sur le territoire aquitain.
Leurs histoires sont racontées dans un nouveau site du Conservatoire afin de valoriser la biodiversité agricole de la région.

www.biodiversite.racesaquitaine.fr